Lamborghini Aventador

Lamborghini Aventador – un saut de deux générations

Intégration de plateforme électronique
1er mars 2011. Première mondiale pour la nouvelle Lamborghini Aventador LP 700-4. Châssis carbone, 6,5 litres de cylindrée, 515 kW (700 ch), régime dépassant largement les 8 000 tr/mn, sprint de 0 à 100 km/h en 2,9 secondes. Au Salon de Genève 2011, Stephan Winkelmann, président et CEO d’Automobili Lamborghini S. p. A., a dévoilé le nouveau modèle qui représente un saut de deux générations en termes de technologie et de design. Bertrandt Ingolstadt était de la partie comme partenaire de développement pour participer à l’intégration de la plateforme électronique de la supercar.

Base de départ
Il y a un peu plus de deux ans et demi, Lamborghini confie le projet 'LB83x Intégration de plateforme électronique' à Bertrandt Ingolstadt. Cylindrée ? Accélérations ? Saut de deux générations ? Un projet excitant, caractérisé à l’époque par un haut niveau d’abstraction, des ébauches d’idées et les premiers souhaits de modification de l’architecture électronique existante.

Périmètre du projet
Les ingénieurs Bertrandt sont chargés d’intégrer et de valider 40 calculateurs, y compris la périphérie électronique. Près de la moitié des calculateurs sont des composants 'carry over' (issus de modèles existants). A première vue, cela paraît facilement gérable. Mais là aussi, s’agissant d’une supercar, des adaptations doivent être évaluées, réalisées puis testées. Environ 30 pour cent des calculateurs nécessitent une modification en profondeur. 20 pour cent sont entièrement nouveaux. Le temps de réalisation pour l’électronique est de seulement 26 mois – un cycle de développement tout à fait normal dans cette catégorie de véhicules.

Consulting technique
Au cours du premier tiers du projet, le travail s’était concentré sur la collecte, la compression et l’harmonisation des données se rapportant aux conditions cadres techniques et aux périmètres à modifier. Dans l’esprit d’une démarche anticipatoire, il était important de soutenir très tôt l’élaboration du concept. C’est ainsi que Bertrandt a procédé à des analyses de sécurité et de risques pour fournir très vite des conseils au client pour la réalisation des fonctions, en évaluant les influences exercées par les modifications. Dans un deuxième temps furent établis des cahiers des charges dits delta. En se concentrant exclusivement sur les périmètres à modifier, y compris les considérations nécessaires en matière d’interfaces, l’étroit calendrier fixé par la gestion des essais a pu être respecté.

Gestion des essais
Sur la base des cahiers des charges delta, les ingénieurs Bertrandt ont ensuite défini les spécifications de test pour chaque calculateur. Dans le même temps fut élaborée la stratégie des essais. Il s’agissait d’éclaircir des questions comme :

  • Quels équipements de test sont disponibles chez le client ou ses fournisseurs ?
  • Quels tests peuvent être effectués avec l’équipement disponible ?
  • Comment combler d’éventuelles lacunes ?
  • Quelle est la profondeur de test requise pour chaque calculateur ?

 

Chacune de ces questions présente deux dimensions. Il s’agit d’une part d’assurer la meilleure couverture possible des exigences techniques. Et il faut régler d’autre part les aspects organisationnels et budgétaires:

  • Quelles périodes de disponibilité sont en adéquation avec quelle livraison de logiciel ?
  • Combien coûte un cycle de test pour un test ayant une profondeur donnée ?

 

Finalement, l’équipe projet a développé une matrice de décision qui tient compte des deux dimensions et qui a servi de base pour la prise de décision du client.

Essais opérationnels
Alors que les ingénieurs ont pu faire appel dans une large mesure aux différents équipements de test existants pour les composants et les calculateurs 'carry over', les nouveaux calculateurs ont exigé des solutions complètement différentes. Dans ce contexte, Bertrandt fut chargé de réaliser un banc d’essai modulaire, adapté à une utilisation future, et d’effectuer les tests de multiplexage nécessaires.

Le banc d’essai a été porté à maturité en l’espace de 16 semaines et conçu pour les tests séquentiels. Les tests de multiplexage ont pu être effectués dans le cadre d’un modèle d’exploitation. Initiée par le projet d’intégration, cette plateforme d’essai constitue aujourd’hui un outil de test supplémentaire pour Audi.

Facteurs de succès externes
Etant donné que Bertrandt, en tant que plus grand prestataire d’ingénierie dans la région d’Ingolstadt, est profondément ancré dans le paysage de développement des clients, l’équipe en charge a pu mettre en place une structure de communication spéciale pour le projet Aventador – le réseau d’experts Bertrandt. Avantage : près de 80 électroniciens et électroniciennes ont participé au projet. Plus de 75 pour cent des questions techniques ont ainsi pu être réglées directement chez Bertrandt.

Facteurs de succès internes
Dans le dernier numéro de Bertrandtmagazine, nous avions déjà parlé du vaste savoir-faire interne en matière de gestion de projet et de process, comme par ex. la boîte à outils pour la gestion de projet ou le système LOP basé web (gestion de toutes les tâches en cours). En coopération avec Bertrandt Projektgesellschaft, Bertrandt Ingolstadt a élaboré la structure process adéquate dès la phase d’initialisation du projet Lamborghini. Ainsi, l’équipe a pu se concentrer rapidement sur ses tâches centrales, à savoir la technique elle-même. S’appuyant sur un processus d’amélioration continue interne au projet et sur les ateliers de synthèse qui se sont déroulés à la fin de chaque phase, elle a témoigné à tout moment d’un haut niveau de qualité des process vis-à-vis du client.

 

Accord RASID bilatéral pour le prochain projet

Suite aux réunions internes sur les leçons apprises furent organisés trois ateliers communs avec Lamborghini au cours desquels l’équipe a retracé les différentes phases du projet en mettant l’accent sur la transparence technique, la communication et les structures process. Cette série d’ateliers a débouché sur un accord RASID (R=Responsable, A=Approval, S=Support, I=Information, D=Doing), qui est une convention définissant les tâches et les prestations pour la coopération future entre Lamborghini et ses partenaires de développement.

Sur la base de cet accord, Bertrandt s’est vu attribuer un nouveau projet Électricité/Électronique très intéressant. La confiance mutuelle, la compréhension commune de la notion produit et process ainsi que les facteurs de succès qui ont marqué la coopération jusqu’à ce jour ne pourront que profiter aux futures missions.